La maille selon Molli

Molli marque de maille pour femmes et bébés, vient de fêter ses 130 ans. Rencontre avec Charlotte de Fayet, directrice artistique de la maison.

Quel a été ton parcours avant Molli ?

Classique : école de commerce avec une spécialité marketing. Les premières années, j'a développé à Buenos Aires un projet dans l'entreprenariat social appliqué à l'art, en soutenant une association qui réinsérait les enfants des quartiers difficiles grâce à la photographie. À mon retour, j'ai intégré l'Oréal, en charge de Kiehl's et de Shu Emura. J'ai alors appris combien la devise "retail is detail" était importante.

Pourquoi un tel attrait pour la marque Molli ?

Bercée par l'univers Molli depuis mon enfance, j'ai eu envie, à la naissance de mon deuxième enfant, en 2015, de relever le challenge et de reprendre cette marque dont le savoir-faire en matière de maille est reconnu depuis plusieurs générations. Réveiller la belle endormie et en écrire un nouveau chapitre, tel était mon fabuleux destin...

Quelle était ta démarche dans cette acquisition ?

Molli est née à la fin du XIXème siècle, à l’époque de l’essor de la bonneterie. En 1950, la marque s’est détournée du secteur lingerie, en plein bouleversement suite à l’apparition de l’acrylique, et a créé les premiers trousseaux naissance en laine.

Aujourd’hui en plus de la collection iconique des 0-12 mois, je développe un vestiaire en maille pour femmes, composé d’essentiels aux lignes pures et à l’allure radicalement contemporaine.

La maison Molli était réputée pour son utilisation de matières de premier choix. Est-ce toujours le cas ?

Tout à fait. Nous travaillons essentiellement avec de la pure laine vierge, a contrario de laine standard récupérée sur des moutons élevés pour leur viande. La laine est filée, peignée et teintée en Italie, tout comme le coton d’Egypte pour les modèles été.

Comment vois-tu l’avenir de Molli ?

Molli opère dans l’univers incroyablement concurrentiel et rapidement obsolète de la mode. Nous voulons l’en préserver et capitaliser sur son positionnement d’intemporalité. Perdurer dans l’idée d’une marque niche et confidentielle réservée à des initiés. À moyen terme, nous souhaitons ouvrir une dizaine de boutiques dans le monde : des écrins Molli qui soient de véritables vitrines des intemporels et des nouveautés de la maison.

Propos recueillis par Ingrid Bauer.